mardi 23 janvier 2018

23 janvier 2018. Note pas trop brève : le crucifié contre Nietzsche.

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Comme vous le savez, je mets le lien de mes billets quotidiens sur ma page Facebook, et en réalité, c’est sur cette page, publique, que se tiennent les discussions les plus serrées.
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         Je répondrai ici et d’abord à Maximilien, l’un des hommes les plus érudits, les plus fins et les plus musiciens que je connaisse. Un véritable ami. Maximilien se demande comment il m’est possible de trouver à Jésus des traits de caractères remarquables et puissants. Et il confesse – si je puis utiliser cette expression – que Nietzsche a raison contre le Crucifié, qui a prêché une morale d’esclaves. Je soutiens ici le contraire. Le Crucifié a raison contre Nietzsche
         En premier lieu, je dirai que j’ai eu la grâce d’une conversion immédiate, éblouissante, le 21 août 1997. Je n’ai pas à détailler ici les conditions qui m’ont conduit à accueillir cette lumière. Mais voilà le principe d'intelligibilité de mes opinions.
         En second lieu, il m’apparaît que Jésus, à ce qu’en disent les Évangiles, n’a jamais parlé de morale, jamais. Et je mets au défi qui que ce soit de prouver le contraire. À plusieurs reprises, il a dit à des infirmes ou des malades qu’il venait de guérir de leurs infirmités : "Va, et ne pèche plus". Toute la question qui se pose dans cette remarque est donc celle du péché et non pas celle du : « il faut », « tu dois », « il ne faut pas ». Jésus n’a jamais parlé en termes d’interdits ou d’obligations, mais toujours en termes de vie, et notamment de vie éternelle.
         Alors il convient de regarder ce qu’il a fait, et de voir s’il a vécu librement, au sein d’une société corsetée par les six-cents et quelques commandements rituels de la Torah. Il commence par affirmer que le Fils de l’Homme est Maître du sabbat – voilà qui fait désordre dans ce système où les scribes, les prêtres, sont les maîtres du jeu social – puis il affirme que le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. Si nous essayons de nous plonger dans la mentalité de l’époque, nous constatons qu’il fait preuve d’une liberté de ton et d’action (puisque il guérit le jour du sabbat, ce qui est assimilé à un travail, interdit en un tel jour) impensable dans la société juive de l'époque.
         Bien conscient qu’il bouscule des traditions multiséculaires, qui lui vaudront d’être tué, il proclame : "Je suis venu apporter un feu sur la terre et comme il me tarde qu’il soit allumé". Je ne trouve pas dans ces paroles un discours mellifluent, sirupeux, ou convenu. Il y a là une affirmation. Mais qu’est-ce que ce feu ? On peut déjà affirmer qu’il va apporter la division entre ceux qui se laissent consumer par lui, et ceux qui tentent de l’éteindre avec l’eau bourbeuse et mondaine : "le père [se dressera] contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille, la belle-fille contre la belle-mère, etc."
         Déjà le vieillard Siméon dit à Marie, la mère de Jésus, lors de la présentation au Temple, que ce petit bébé serait "un signe de contradiction". Il s’agit donc de savoir en quoi consiste cette contradiction : personnellement, je crois qu’elle consiste à renoncer à la volonté de puissance (telle que Nietzsche la décrit et qui est en général mésinterprétée : il s’agit de la volonté de vivre et de donner plein développement à une pulsion vitale de croissance et d’expansion, et non pas de soumettre autrui à sa propre volonté) sans jamais tomber dans le ressentiment, ce sentiment effectivement trop répandu dans la partie de la population humaine soumise à l’esclavage d’un travail sans intérêt, à l’obéissance à un maître, un sentiment qui conduit à des Révolutions et à la survenue de maîtres encore plus exigeants. Il s’agit donc d’accepter de donner sa vie (et il y a bien des manières de le faire) sans jamais juger (c’est la partie de la contradiction la plus difficile à vivre).
         Il y a enfin cette scène extraordinaire où l’on voit Jésus se faire un fouet pour chasser les vendeurs du Temple, renverser les tables des changeurs de monnaie et proclamer la sainteté du lieu. Vous imaginez, de nos jours, un ascète, un thaumaturge reconnu, un homme bon et pieux, chasser à Lourdes les marchands de bondieuseries en leur reprochant leur impiété ? Non décidément, ce n’est pas l’attitude d’un esclave qui dit oui à tout. Jésus n’est pas un béni-oui-oui, loin de là, et sa majesté éclate, quand il dit à Pilate qu’il est Roi, mais que sa Royauté n’est pas de ce monde, et quand il lui rétorque qu’il n’aurait, lui, Pilate, aucun pouvoir sur lui, s’il ne lui avait été donné d’en-haut.
         En somme, ce ne sont pas les paroles onctueuses de quelques clercs bien intentionnés, mais les exemples de ces hommes et ces femmes qui ont vécu librement en s’opposant souvent aux pouvoirs en place qui enseignent. La liste de ces courageux est trop longue et parmi eux des prêtres, des évêques, des moines, des laïcs. Il n’y a qu’à consulter le martyrologe.
         Je ne puis m’empêcher de penser à cette terrible parole : "Celui qui rougira de moi devant les hommes, je rougirai de lui devant mon Père". Que jamais cette condamnation ne s'applique à ma personne !
         Ce que je viens de dire ne relève ni de l’apologie, ni de l’autojustification, mais tout simplement de la profession de foi.
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         Je répondrai à Louis-Marie dans un second billet distinct de celui-là.


lundi 22 janvier 2018

22 janvier 2018. Nouvelles de la Dissidence. Contre les robots, la force de dire non !

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Nous n’en avons pas fini, tant s’en faut, avec notre chère Simone WEIL.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. Enfin la troisième et dernière étape [du progrès technique] correspond à la technique automatique, qui ne fait que commencer à apparaître ; le principe en réside dans la possibilité de confier à la machine non seulement une opération toujours identique à elle-même, mais encore un ensemble d'opérations variées. Cet ensemble peut être aussi vaste, aussi complexe qu'on voudra ; il est seulement nécessaire qu'il s'agisse d'une variété définie et limitée à l'avance. La technique automatique, qui se trouve encore à un état en quelque sorte primitif, peut donc théoriquement se développer indéfiniment ; et l'utilisation d'une telle technique pour satisfaire les besoins humains ne comporte d'autres limites que celles qu'impose la part de l'imprévu dans les conditions de l'existence humaine. Si l'on pouvait concevoir des conditions de vie ne comportant absolument aucun imprévu, le mythe américain du robot aurait un sens, et la suppression complète du travail humain par un aménagement systématique du monde serait possible. Il n'en est rien, et ce ne sont là que fictions ; encore ces fictions seraient-elles utiles à élaborer, à titre de limite idéale, si les hommes avaient du moins le pouvoir de diminuer progressivement par une méthode quelconque cette part d'imprévu dans leur vie. Mais ce n’est pas le cas non plus, et jamais aucune technique ne dispensera les hommes de renouveler et d'adapter continuellement, à la sueur de leur front, l'outillage dont ils se servent."
In
Simone WEIL.
Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale.
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2. COMMENTAIRES.
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Il semble, là encore, que ces pages, écrites avant la deuxième guerre mondiale, éclairent d’un jour prophétique la situation actuelle de notre civilisation. Il est évident que, pour maximiser les bénéfices, les grandes entreprises et, dans une moindre mesure, l’État, tendent à remplacer les hommes par des robots ou des systèmes automatisés. Le développement de l’intelligence artificielle, des algorithmes, du stockage massif des données individuelles, visent à réduire notre espace de liberté et l’on peut imaginer que les progrès de l’imagerie médicale permettront de percer nos pensées. Mais aucun système au monde ne nous empêchera de dire non, en quoi se trouve, au point où nous en sommes réduits, notre véritable liberté. Mais celui qui dit non, pour que ce non ait du sens pour lui comme pour les autres, doit avoir aussi une image du oui, sinon, il ressemble à ce figuier stérile maudit par Jésus parce qu’il ne portait pas de fruits. Nous savons bien que notre oui à une certaine forme de vie ne peut s’opposer à la forcer écrasante des médias, de l’argent, de l’État, de toutes les formes d’oppression que représentent les objets addictifs : drogue, smartphone et i-phone, sites pornographiques. Mais du moins nous pouvons rester libre en mettant en accord (j’y reviendrai avec notre Simone) notre pensée et notre action. Je crois à la fécondité de l’exemple, et, figurez-vous que, parvenu ou presque, au terme de ma vie terrestre, ce sont des jeunes qui me le donne.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Misère des sans-abri : que faire ?

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Jean-Patrick GRUMBERG remet les pendules à l’heure.

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Lutter contre le racisme anti-blanc.


Mais j’ajoute, moi, qu’il faut lutter contre TOUS les racismes.
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Huit impôts et taxes nouveaux en moins d’un an !

C’est-y pas beau ?

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Un discours de Donald TRUMP sur la liberté et l’indépendance.

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Illustration de la citation du jour.

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Il paraît que parler de Louis XVI, disait Vincent, c’est attiser d’anciennes haines.

Et pourtant, on en parle : voici deux exemples.


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PMA, GPA et malheur infini des enfants qui en dérivent !


dimanche 21 janvier 2018

21 janvier 2018. Note brève. In memoriam regis !

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Contrairement à ce que racontent les baveurs de la « République », la réaction de la foule massée sur la Place de la Concorde fut celle que raconte Fockedey dans ses mémoires. La voici :


"Le jour de l'exécution de Louis XVI fut pour la France, et pour Paris surtout, un jour d'amertume, de douleur, d'effroi et de deuil. La capitale était dans les angoisses. La presque totalité des maisons et des boutiques étaient fermées, des familles entières en pleurs. La consternation se lisait sur tous les visages qu'on rencontrait. Une grande partie des gardes nationaux, sur pied dès six heures du matin, semblaient eux-mêmes aller au supplice. Non, les scènes dont j'ai été témoin ce jour-là ne s'effaceront jamais de ma mémoire. Que de larmes je vis couler ! Que d’imprécations j'entendis contre les auteurs d'un tel forfait ! Ma plume recule, elle s'arrête devant l'énumération de tout ce dont je fus le témoin oculaire et auriculaire. L'assemblée ce jour-là fut morne et silencieuse, les votants du régicide étaient pâles et défaits ; ils paraissaient avoir horreur d’eux-mêmes." (In Souvenirs de Fockedey.)

Je sais que tel ou tel, dont mon ami strasbourgeois Vincent, vont déclarer que je ravive de vieilles haines – mais alors que les emmerdeurs de la laïcité ne viennent pas nous casser les pieds avec l’affaire Galilée (parfaitement connue et qui montre la duplicité de l’astronome), l’Inquisition (au sujet de laquelle courent les mensonges les plus éhontés) ou la guerre des camisards (qui fait l’objet d’une revisite partiale, notamment en omettant de signaler qu’elle a commencé avec le massacre du curé de Pont-de-Montvert et de sa suite par un commando de protestants, et qu’elle avait pour but de lutter contre le gouvernement légitime de la France, soutenue qu’elle était par des puissances ennemies [Genève par exemple]).
Louis-Marie me dira que la morale est relative au dasein et que nous ne pouvons juger avec nos yeux actuels ce qui se passa alors. Mais ce point de vue revient à justifier tous les crimes, ceux d’Hitler, comme ceux de Staline, de Mao ou de Pol Pot. Je soutiens fermement que les massacres, que ce soient les Assyriens, les Mongols ou les Nazis qui les ont commis, relèvent d’un jugement trans-spatial et transhistorique.

Je vous souhaite un bon dimanche, un dimanche de recueillement et de réflexion sur les significations actuelles des crimes passés ou présents. Et je vais m’efforcer d’aller manifester à la Marche pour la Vie. Ce me semble être cohérent.

20 janvier 2018. Note brève. Si ce n'est pas Richard, c'est son frère : témoignage d'un pilote sur ND des Landes

Reçu de mon ami Dominique, spécialiste en pompe et tuyaux (cardiologue !) ce témoignage. Il semble, renseignements pris, que le pilote australien Richard Champion de Crespigny, à qui ce texte est attribué, n’en soit pas l’auteur. Il s’en est publiquement défendu. Il n’en demeure pas moins que les faits évoqués ici méritent d’être pris en considération car ils font référence à des faits précis et avérés. J’ai donc ôté à ce célèbre pilote la paternité de cette analyse et je préfère la mettre au compte d’un pilote anonyme. D’ailleurs, la fréquentation assidue de l’aéroport de Nantes-Atlantique incline à l’attribuer à un pilote français et non à un pilote qui habite aux antipodes.

N.D. DES LANDES : UN AVIATEUR REMET LES PENDULES A L'HEURE

" « J’ai bientôt 70 ans, 40 années dans l’aéronautique, 15 comme commandant de bord, 14 500 heures de vol. Je ne connais pas tous les aéroports du monde mais j’en connais beaucoup, franchement beaucoup. Néanmoins, si je veux comprendre quelque chose dans cette polémique, je dois faire comme tout le monde, procéder par comparaisons.
On me dit que l’aéroport de Nantes est dangereux car les avions passent sur la ville. Ah bon ? J’ai passé ma vie de pilote à survoler des agglomérations à basse altitude, tant au décollage qu’à l’atterrissage, avec des procédures spécifiques à chaque endroit. Ici il faut virer sitôt l’attitude de sécurité atteinte, là il faut réduire la puissance, ailleurs c’est la pente qui est réglementée, etc.
Bref, je ne veux pas trop m’étendre sur les détails techniques, mais les aéroports où les pilotes sont peinards et peuvent gérer les approches et les décollages comme bon leur semble sont rares. Aussi rares que les villes non survolées par les avions.
Je connais Nantes pour avoir pratiqué cet aéroport plusieurs fois par semaine il y a quelques années et n’ai pas souvenir de spécificités particulières. Si on reconnaît Nantes dangereux, il faut interdire plusieurs milliers d’aéroports dans le monde et commencer par rayer de la carte celui de Chambéry.
Hé oui les savoyards ! L’aéroport de Chambéry le Bourget est coincé entre deux montagnes sur ses flancs, le lac à un bout de piste, la ville à l’autre bout. Pourtant les gros jets se posent et décollent sans scandales, ni polémiques. Ne parlons pas de celui de Hongkong : là, jusqu’en 1998, c’était carrément un spectacle. Hongkong était dans un délire, Nantes aussi mais en sens inverse.
Si on considère maintenant l’autre volet de l’affaire, c’est à dire l’augmentation de l’activité, on va se retrouver encore une fois dans les arguments spécieux et délirants.
 On me dit que cet aéroport avec ses 3,5 millions de passagers en 2011 se trouve « à l’étroit » et qu’il faut prévoir l’avenir.
 On voudrait me faire croire que cette infrastructure arrive à saturation.
Lors de l’éruption volcanique islandaise de l’année passée, Nantes qui était hors zone, a multiplié son trafic par trois pendant plusieurs jours, et tout s’est très bien passé !
Les aéroports de la taille de Nantes sont les plus nombreux et il suffit de comparer avec d’autres pour se rendre compte de l’importance des balivernes prononcées sur le sujet.
Un exemple parmi tant d’autres : Genève, cet aéroport a reçu l’année passée plus de 12 millions de passagers. Oui vous avez bien lu : en fait, presque 13 millions (je n’ai pas le chiffre exact).
Une seule piste, des contraintes de proximité urbaine et une plate-forme aussi grande que Nantes. Il est vrai que les Suisses sont en (véritable) démocratie et ne se font pas enfumer !
Le premier prix au championnat du monde du genre revient à San Diego en Californie : une seule piste, plate-forme beaucoup plus petite qu’à Nantes, des contraintes incroyables d’environnement et d’interdictions de nuit : 18 millions de passagers l’année passée. Oui chers amis écolos, 5 fois plus que Nantes.
Bon il faut reconnaître le grand professionnalisme des contrôleurs aériens américains et aussi celui des pilotes. Les contrôleurs français sont également très bons et les pilotes pas maladroits et on voudrait nous faire croire que Nantes sera à saturation en 2020 avec… 5 millions de passagers ! 5 millions en 2020, c’est tout ?
Et qui nous les fait ces prévisions ? Et basées sur quoi ? Si c’est aussi sérieux que le reste, on est encore en droit de douter.
Même si le chiffre est dérisoire. Pour le moment présent ce n’est que moins de 4 millions.
 Puisque personne ou presque dans ce pays n’écoute les arguments écolos, il me semble qu’il serait bon d’en employer d’autres : ceux qui frappent les esprits, ces arguments par exemple. L’essentiel n’est-il pas dans le résultat ?
Sauver des terres agricoles et permettre aux petits oiseaux de continuer de voler c’est bien, c’est même essentiel mais puisque personne n’écoute, tenons donc un autre langage !
Éviter de dépenser un demi-milliard d’euros dans une lamentable stupidité à la gloire de ces hommes politiques qui auront disparu dans l’enfumage des irresponsabilités lorsque le projet réalisé révélera la bêtise.
Se préserver du gaspillage à une époque qui, nous dit-on, va devenir encore plus dure : Cela devrait suffire à convaincre les plus sourds non ? Et surtout renvoyer les pelleteuses au garage.
On peut aussi continuer de subir l’oligarchie, se complaire dans ce système corrompu de pseudo démocratie dite représentative. Honorer 577 députés, gaver 350 sénateurs et leur permettre de donner leur nom aux édifices construits avec l’argent public

Concernant l’aéroport de Nantes je propose Ayrault port. On peut aussi espérer qu’un jour peut-être, les Français découvriront que la solution n’est pas dans les hommes politiques mais dans l’action citoyenne responsable. Qu’ils soient de droite, de gauche, du milieu ou de Mars, les politiques ne sont pas la solution : ils sont le problème. »"

Ici se pose la question : s'agit-il d'une fake news, au motif que l'opinion n'a pas pour auteur Richard de Crespigny ? Ou s'agit-il de l'opinion fondée d'un pilote français qui ne peut pas pas signer de son nom par crainte des représailles ? Que dirait le Tribunal de la Vérité voulu par monsieur MACRON ? Il est à cet égard il est intéressant de noter que Libération a consacré un long article démontrant que Richard de CRESPIGNY n'est pas l'auteur de cette analyse, mais la bouche de la vérité socialo-caviar s'est bien gardée d'en vérifier le bien fondé. 

samedi 20 janvier 2018

20 janvier 2018. Nouvelles de la Dissidence. Grandeur et gaspillage, les deux mamelles du pseudo-progrès

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Nous continuons la lecture passionnante de Simone WEIL et son ouvrage (paru dans Oppression et liberté) intitulé Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. Depuis des années déjà l'agrandissement des entreprises s'accompagne non d'une diminution, mais d'un accroissement des frais généraux ; le fonctionnement de l'entreprise, devenu trop complexe pour permettre un contrôle efficace, laisse une marge de plus en plus grande au gaspillage et suscite une extension accélérée et sans doute dans une certaine mesure parasitaire du personnel affecté à la coordination des diverses parties de l'entreprise. L'extension des échanges, qui a autrefois joué un rôle formidable comme facteur de progrès économique, se met elle aussi à causer plus de frais qu'elle n'en évite, parce que les marchandises restent longtemps improductives, parce que le personnel affecté aux échanges s'accroît lui aussi à un rythme accéléré, et parce que les transports consomment une énergie sans cesse accrue en raison des innovations destinées à augmenter la vitesse, innovations nécessairement de plus en plus coûteuses et de moins en moins efficaces à mesure qu'elles se succèdent. Ainsi à tous ces égards le progrès se transforme aujourd'hui, d'une manière à proprement parler mathématique, en régression."
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2. COMMENTAIRES.
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Il n’y a pas grand-chose à rajouter à cette analyse de l’origine du gaspillage dans les entreprises, un gaspillage qui prévaut de la même manière, et pour les mêmes raisons, dans le fonctionnement de la grande machine administrative qu'est devenu l'Etat. Au fur et à mesure que l’État accroît son domaine de compétence, en effet, il crée des structures destinées à organiser et contrôler ledit domaine. Ces structures ne produisent aucun bien ; on ne peut pas dire qu’elles soient inutiles à l’État puisqu’elles lui donnent le moyen d’exercer ce contrôle. On peut simplement affirmer qu’elles créent des contraintes de plus en plus nombreuses, qu’elles imposent aux citoyens. De sorte que la vraie liberté, pour moi, ne saurait s’exprimer autrement que dans une vie retirée en un lieu le plus isolé possible, ou je puiserais mon eau dans une source qui m’appartienne, où j’utiliserais l’électricité produite par les pales d’une éolienne primitive ou par l’usage de la micro-hydraulique, et où j’éviterai au maximum le contact avec l’administration. Je ne pourrais hélas l’empêcher, car il est nécessaire et justifié de payer des impôts, mais je trouverais dans une saine tempérance la joie de m’être dégagé au maximum de ces règlements tous plus normatifs et stupides les uns que les autres. Bien entendu, j’aurais des voisins avec qui j’entretiendrais des relations d’amitié, de réciprocité et de services, avec qui je partagerais des loisirs.
L’affaire de l’aéroport de N.D. des Landes illustre à merveille le gaspillage étatique de nos deniers. Un premier ministre a enfin tranché une affaire qui dure depuis 50 ans. Combien ont coûté les études, les terrains, les expertises, les recours juridiques (plus de 170) au contribuable ? Quel sera le montant de la facture à régler en faveur de Vinci, l’attributaire léonin du contrat ? Et combien coûtera l’aménagement de l’actuel aéroport ?
Il n’est pas nécessaire de sortir de polytechnique pour affirmer qu’il y a là un énorme gâchis dont l’État et les Collectivités publiques qui ont eu à connaître du problème sont les seuls responsables.
Depuis des années, je me tue à dire que les experts et les techniciens  ont remplacé les politiques. Et j’affirme avec Simone WEIL qu’aujourd’hui, les pseudo-démocrates obligent les citoyens à être au service de l’État, alors que comme le dit ma chère Simone, la vraie démocratie consiste à mettre la société au service de la personne. On est loin du compte.
Décidément, Grandeur et Gaspillage sont les deux mamelles de l'Etat.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE, SARCASTIQUE ET ACIDE !
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Je le découvre avec stupéfaction : monsieur ATTALI croit que nous avons une âme (putrescible, il est vrai).

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L’Incorrect met les choses au point.

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On ne peut être que d’accord avec ce journal.
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Djoko, c’est pour ça qu’on vous aime !

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Le plus ancien monastère du monde est en Égypte !

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Le grossium a encore sévi : aimer sa patrie, c’est pas bien !


Il appelle ça le nationalisme, l’imbécile. Il est vrai que ce « nationalisme » fait obstacle à son rêve de domination universelle par le fric.-
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Tous les enfants veulent avoir un père !


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Honneur aux Sentinelles Veilleurs debout !



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Le sourire de la bobote.


Plus de 50 000 PV distribués à Paris depuis le 1er janvier 2018

vendredi 19 janvier 2018

18 janvier 2018. Nouvelles de la Dissidence. A propos du "progrès", Simone se lâche !

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Et toujours Simone WEIL dans son livre capital (c’est le cas de le dire, elle qui le condamnait sans pitié et le liait, comme on va le voir, au « progrès »), Oppression et liberté.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…], il importe de savoir tout d’abord en quoi consiste le progrès technique, quels facteurs y interviennent, et examiner séparément chaque facteur ; car on confond sous le nom de progrès technique des procédés entièrement différents, et qui offrent des possibilités de développement différentes. Le premier procédé qui s’offre à l’homme pour produire plus avec un effort moindre, c’est l’utilisation des sources naturelles d’énergie ; et il est vrai en un sens qu’on ne peut assigner qu’on ne peut assigner aux bienfaits de ce procédé une limite précise, parce qu’on ignore quelles nouvelles énergies l’on pourra un jour utiliser ; mais ce n’est pas à dire qu’il puisse y avoir dans cette voie des perspectives de progrès indéfini, ni que le progrès y soit en général assuré. Car la nature ne nous donne pas cette énergie, sous quelque forme que celle-ci se présente, force animale, houille ou pétrole ; il faut la lui arracher et la transformer par notre travail pour l’adapter à nos fins propres. Or ce travail ne devient pas nécessairement moindre à mesure que le temps passe ; actuellement c’est même le contraire qui se produit pour nous, puisque l’extraction de la houille et du pétrole devient sans cesse et automatiquement moins fructueuse et plus coûteuse. Bien plus, les gisements actuellement connus sont destinés à s’épuiser au bout d’un temps relativement court. On peut trouver de nouveaux gisements, mais la recherche, l’installation d’exploitations nouvelles dont certaines sans doute échoueront, tout cela sera coûteux ; au reste nous ne savons pas combien il existe en général de gisements inconnus, et de toute manière la quantité n’en sera pas illimitée. On peut aussi, et on devra sans doute un jour, trouver des sources d’énergies nouvelles : seulement rien ne garantit que l’utilisation en exigera moins de travail que l’utilisation de la houille ou des huiles lourdes ; le contraire est également possible. Il peut même arriver à la rigueur que l’utilisation d’une source d’énergie naturelle coûte un travail supérieur aux efforts humains qu’on cherche à remplacer. […]."
In
Simone WEIL.
Oppression et Liberté.
Gallimard, Paris, 1955. (Collection Espoir.)
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2. COMMENTAIRES.
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Quand on pense que ce texte a été écrit en 1934, on demeure confondu de la justesse de ses analyses. Simone WEIL ne pouvait que pressentir l’exploitation en mer des gisements de pétrole ; elle ne les imaginait pas vraiment. Quand on voit la somme de travail que représente l’implantation d’une plate-forme au cœur des océans, son entretien, les aléas auxquels est soumise son exploitation (marée noire comme au large du Texas, par exemple ou incendie), on a du mal à dire que globalement ces sources nouvelles d’énergie représentent un progrès. Pas davantage, Simone WEIL ne pouvait prévoir qu’un jour on utiliserait l’énergie atomique, source d’énergie apparemment moins rapidement épuisable que la houille ou le pétrole. Mais quand il s’agit de fermer une centrale, d’autres problèmes surgissent : sociaux, en raison de la disparition d’emploi, financiers surtout, car la fermeture, le démantèlement et la dépollution de ces usines ont un coût (d’après ce que j’ai lu) très supérieur aux bénéfices qu’on a pu tirer de leur exploitation ; je ne parle pas ici des déboires survenus au cours de la construction de la centrale de Flamanville, ni des difficultés très prévisibles, suscitées par l’enfouissement souterrains des déchets radioactifs. Les habitants du village de Bure, eux, ne sont pas tout à fait d’accord pour qu’on enterre, fût-ce à des centaines de mètres dans le sol, des tonnes et des tonnes de ces déchets. La résistance des collectivités humaines à ces innovations technologiques trouve sa source dans le sentiment confus, mal analysé sans doute, que ces prétendus progrès ne sont que des sources d’aliénation, pensées, conçues et réalisées par des experts et des techniciens spécialisées.
En ce sens, le mouvement écologique trouve une réelle justification, à condition qu’il se débranche de sa source gauchiste, libertaire et égoïste… L’épisode de l’aéroport de N.D. des Landes devrait donner à réfléchir à nos princes, non ?
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE, INÉDITE OU PRESQUE, CURIEUSE, BAROQUE, ETC.
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Marche pour la vie.



J’irai.
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Le jacobinisme aurait-il du plomb dans l’aile ?

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Bienvenu dans un pays macronisé !

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Voilà la vraie source du progrès.

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Vidéo sur le mythe de la laïcité.



jeudi 18 janvier 2018

17 janvier 2018. Nouvelles de la Dissidence. Retour à la simplicité, critique des technosciences !

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Et voilà le billet du 17 publié ce matin, 18 janvier. On ne quitte pas facilement Simone WEIL. Nous poursuivons donc la lecture de quelques bonnes feuilles de cette immense philosophe.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Si l'on considère d'autres aspects de l'oppression capitaliste, il apparaît d'autres difficultés plus redoutables encore, ou, pour mieux dire, la même difficulté, éclairée d'un jour plus cru. La force que possède la bourgeoisie pour exploiter et opprimer les ouvriers réside dans les fondements mêmes de notre vie sociale, et ne peut être anéantie par aucune transformation politique et juridique. Cette force, c'est d'abord et essentiellement le régime même de la production moderne, à savoir la grande industrie. À ce sujet, les formules vigoureuses abondent, dans Marx, concernant l'asservissement du travail vivant au travail mort, « le renversement du rapport entre l'objet et le sujet », « la subordination du travailleur aux conditions matérielles du travail ». « Dans la fabrique », écrit-il dans le Capital, « il existe un mécanisme indépendant des travailleurs, et qui se les incorpore comme des rouages vivants... La séparation entre les forces spirituelles qui interviennent dans la production et le travail manuel, et la transformation des premières en puissance du capital sur le travail, trouvent leur achèvement dans la grande industrie fondée sur le machinisme. Le détail de la destinée individuelle du manœuvre sur machine disparaît comme un néant devant la science, les formidables forces naturelles et le travail collectif qui sont incorporés dans l'ensemble des machines et constituent avec elles la puissance du maître ». Ainsi la complète subordination de l'ouvrier à l'entreprise et à ceux qui la dirigent repose sur la structure de l'usine et non sur le régime de la propriété. De même « la séparation entre les forces spirituelles qui interviennent dans la production et le travail manuel », ou, selon une autre formule, « la dégradante division du travail en travail manuel et travail intellectuel » est la base même de notre culture, qui est une culture de spécialistes. La science est un monopole, non pas à cause d'une mauvaise organisation de l'instruction publique, mais par sa nature même ; les profanes n'ont accès qu'aux résultats, non aux méthodes, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent que croire et non assimiler."
In
Simone WEIL.
Oppression et liberté.
Gallimard, Paris, 1955. Collection Espoir.
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2. COMMENTAIRES.
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Ce passage est extrait de l’ouvrage (incorporé dans la publication de Gallimard) intitulé Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale que j’ai cité à de nombreuses reprises dans des billets anciens.
Je le trouve particulièrement intéressant dans la mesure où son constat permet d’expliquer une partie du malaise social qui fermente dans les sociétés développées. Comme BERNANOS, comme LANZA del VASTO, comme CHESTERTON, comme THIBON, comme LÉGAUT, comme WEINSTEIN, comme MICHEA, tous auteurs auxquels je fais souvent références, Simone WEIL voit bien que le mal réside dans la disjonction entre le travail manuel (en train de disparaître en raison de la robotisation de la production) et le travail intellectuel, qui devient opaque à ceux-là mêmes qui croient que le savoir (les résultats de la science) est l’équivalent de la connaissance (la méthode de la science). Elle prophétise que le développement des technosciences (un mot qu’elle n’emploie pas, car le développement technoscientifique n’a pas atteint en 1934 le terrifiant degré de prolifération qu’il a atteint en 2018) ne permettra jamais de lever l’aliénation pesant sur les agents humains impliqués dans la production en raison même du développement de la grande industrie, qu’elle soit en main privée ou en main publique. Cette grande industrie, en raison même de sa complexité, suppose, implique et finalement exige le développement d’une bureaucratie managériale qui pense, organise et contraint le travail vivant des hommes.
C’est la raison pour laquelle je pense que les pouvoirs publics, dans l’affaire avortée de l’aéroport de N.-D. des Landes, ne comprennent pas la nature de la résistance des « Zadistes ». On les qualifie de gauchistes ultraviolents, et c’est possible sinon probable, mais ils sont les témoins (inconscients, manipulés probablement) d’une résistance fondamentale de la personne à l’oppression qui les prive de leur dignité d’hommes libres. Les techniciens s’imaginent que puisqu’ils savent, on doit obéir. Ils savent mais ne connaissent pas.
Il dépend des citoyens que nous sommes de choisir des modes de consommation et de vie qui privilégient les petites communautés humaines. Il est encore temps, mais il n’est que temps. Je préfère acheter les fromages de chèvre de madame GAFFET ou les petits Rocamadour chez les deux sœurs de GRAMAT (je ne sais si elles vivent encore) que les fromages Président, produits par la société Lactalis dont les déboires bactériologiques sont l’illustration caricaturale de ce mal qui s’appelle la grande industrie.
Retour à la simplicité et saine critique du progrès, voilà de vraies démarches de réflexion.
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3. REVUE DE PRESSE IRRITANTE, PARTIALE SANS DOUTE, MAIS INDISPENSABLE.
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Excellente analyse d’Ingrid RIOCREUX sur les « fake-news »

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Je ne partage l’avis critique de l’auteur de l’article.

Et je vois dans ces obsèques miséricordieuses l’expression de la véritable ouverture de l’Église à tous les enfants de Dieu. Cela n'empêche pas que je sois étonné de voir des francs-maçons présents aux obsèques religieuses de l'un des leurs. Et je crains que cette ostensible présence ne modifie aucunement leur doctrine et leur haine des chrétiens.

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Il n’y a donc pas que monsieur FILLON,


ou que monsieur SARKOZY.

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Sur monsieur JUPPÉ.

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Je l’ai dit plus d’une fois : Ex oriente Lux !

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Le lien est long, mais le contenu est remarquable : sur les relations de l’homme et de la femme :