mardi 9 novembre 2010

Mourir à Bagdad

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La manière dont les médias français ont traité l'affreux massacre des Chrétiens de rite chaldéen par des musulmans fanatiques est stupéfiante. Fait divers, petit incident banal dans le cours chaotique et violent du monde : 52 morts (au moins) dont deux jeunes prêtres, 67 blessés (des femmes et des enfants surtout). Un ami de STRASBOURG me fait parvenir deux réactions de lecteurs des Dernières Nouvelles d'Alsace, dont une adressée à Olivier PICARD, éditorialiste dans ce journal. C'est que monsieur PICARD a des jugements à géométrie extrêmement variable et ne semble pas avoir posé, dans son article, les véritables questions que soulève cet acte barbare. Je vous donne l'adresse électronique de ces deux lecteurs à qui vous pourrez manifester votre entier soutien : alainbechennec@orange.fr et pierquin.r@wanadoo.fr .
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L'un et l'autre s'étonnent de la lâcheté des journalistes. Ainsi, le Monde du lundi 1er novembre est-il totalement silencieux (les faits se sont produits le 30 octobre ; c'est qu'il faut du temps aux diligences et malle-postes pour faire le trajet Bagdad-Paris, non ?). Une petite notice en bas de page dans la plupart des journaux papiers. Mais, note l'un des deux protestataires, monsieur GUERLAIN dérape verbalement et l'on nous tartine des pages entières sur ce honteux propos ; on nous rabat les oreilles avec les incidents de VILLIERS-LE-BEL et d'autres encore, qui ont coûté la vie à de malheureux jeunes - et nous partageons la douleur de leurs parents et de leurs proches - lesquels n'étaient cependant pas tout à fait en règle avec la loi.
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Tout cela n'aura qu'un temps. Il ne faut pas trop sous-estimer l'intelligence politique du peuple français. Et partager les utopies et les faiblesses des élites parisiennes tellement éloignées de la réalité, me semble être un manque de discernement total. A de multiples reprises, j'ai souligné qu'il ne faut pas généraliser et parler DES musulmans, mais de certains d'entre eux, dont le fanatisme et la barbarie sont le fruit de l'oeuvre du Malin dans le monde.
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Alors, restons dans l'espérance. C'est aujourd'hui la fête de la dédicace de la Basilique saint Jean- du-Latran, la cathédrale de Rome. L'Église, dans sa sagesse, donne à lire aux fidèles un passage de la lettre de saint Paul aux Corinthiens (chapitre 3, 9b-11.16-17). Et le verset 17 dit ceci qui ne peut être aboli, car c'est la Parole : "Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous".
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Nous accueillons 150 de ces chrétiens irakiens. C'est peu. Mais on reconnaîtra avec moi que le droit d'asile leur est acquis. Je ne sais comment aider ces personnes. Si quelqu'un peut me dire comment, je lui en serais reconnaissant, et j'invite tous les lecteurs à en faire autant, tout en restant juste et prudent dans leur jugement : il ne convient pas de mettre tous les musulmans dans le sac de l'islamisme. Nombreux sont ceux qui pratiquent d'un coeur droit l'aumône, la prière et le jeune diurne du ramadan, sans autre but que celui d'être fidèles à Dieu. Cela est estimable, et certainement plus que l'athéisme hargneux et militant de tant de nos contemporains.

3 commentaires:

tippel a dit…

"MOURIR AU PAKISTAN" Selon radio Vatican écoutée ce matin. La justice pakistanaise, a condamné à mort une mère de famille pakistanaise, Asia Bibi, pour avoir diffamé le prophète Mahomet il y a plus d'un an. L’affaire est pourtant bénigne. En juin 2009, alors qu'elle travaille aux champs en compagnie d'autres femmes, un incident survient. On demande alors à Asia d'aller chercher de l'eau mais quand celle-ci s'exécute, les autres femmes refusent de toucher au liquide qu'elles estiment «impur» (car touchée par un impur ?). S'ensuit une conversation animée autour de la religion. Asia est alors pressée par ses collègues «de renoncer à sa foi chrétienne et d'embrasser l'Islam». Elle répond avec sa propre foi et ses mots à elle. «Qu'a fait ce dernier (Mahomet) pour les hommes alors que Jésus s'est sacrifié pour les péchés des hommes ?» lance-t-elle en substance à ses contradictrices. Les différents journaux rapportant l'affaire divergent quelque peu sur la suite des évènements. Après cette discussion, Asia a été prise à partie par une foule agressive. Elle se réfugie chez elle, mais poursuivie jusque là, se rend auprès de la police qui, sous la pression de la foule, se retourne contre elle en l'arrêtant pour blasphème.

tippel a dit…

Suite de la première partie. Pendant un an, Asia est donc restée en détention, Le tribunal l'a condamné au bout de ce temps à la peine capitale. Le juge l'a condamnée à la pendaison, ajoutant qu'elle n'avait "aucune circonstance atténuante", les lois antiblasphème qui existent, servent surtout à persécuter leur communauté, estimée à environ trois millions de personnes. Les sanctions aboutissent en général à de la prison, parfois à vie. La loi sur le blasphème est d'abord utilisée contre les groupes les plus vulnérables, qui sont discriminés politiquement et socialement, à commencer par les minorités chrétiennes.
En juillet dernier, deux frères chrétiens, accusés d'avoir écrit un pamphlet critique pour le prophète Mahomet, mais innocentés au cours de leur procès, avaient été tués devant le tribunal dans le Pendjab, où des centaines de manifestants réclamaient leur condamnation à mort.

Philippe POINDRON a dit…

Il est possible d'envoyer un don à Aide à l'Eglise en détresse pour les communautés chrétiennes du Pakistan. Je vais chercher l'adresse et la communiquer à mes lecteurs.