jeudi 9 juin 2011

Appel à témoin

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L'un des responsables des 24 heures de Vie, journée d'évangélisation dont j'ai déjà parlé dans le billet "Vous avez dit bizarre" vient d'envoyer à tous ceux qui avaient eu des responsabilités à cette occasion, une petite invitation pleine d'humour dont voici la teneur :

Suite à un événement qui a marqué beaucoup d'esprits à Strasbourg, nous sommes à la recherche d'un homme dont tout le monde sait qu'il est mort mais qui aurait été vu vivant en différents endroits de la ville entre jeudi 26 mai et samedi 28 mai derniers.
Quelqu'un autait-il vu ou entendu quelque chose en rapport avec cette affaire ? Son nom est Jésus, dit "le Christ".
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On attend vos témoignages avant la fin de la semaine.
Quelques lignes suffiront.



Votre dévoué,
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Voici ma réponse :

Monsieur le Commissaire,


En réponse à votre appel à témoins, concernant un certain "Christ" qui, aux dires des DNA, aurait mystérieusement disparu et apparu entre le 26 et 28 mai de l'année courante, et compte tenu du portrait-robot diffusé par l'honorable quotidien, j'ai l'honneur de porter à votre connaissance les faits suivants.

Le 28 mai, vers les 14 heures, je m'apprêtais à prendre le tram Place de l'Homme de Fer, lorsque j'ai vu, accroupi à l'angle de la place sus-dite et de la Place Kléber, un mendiant qui pourrait bien être celui que vous recherchez. Il avait placé un écriteau entre ses jambes où il avait écrit, d'une belle écriture, ma foi !, "Donne-moi à boire". J'ai trouvé, je ne vous le cacherai pas, ce tutoiement assez cavalier. L'homme portait une barbe, (exactement comme dans le portrait-robot), dans laquelle j'ai discerné de vagues taches brunes, couleur de sang séché. Il avait des croutes bizarres sur le front qui lui faisait comme une couronne, si vous voyez ce que je dire. Et ses yeux, ah ! ses yeux, ils étaient d'un bleu insoutenable de profondeur et de douceur. Il m'a regardé avec insistance, mais j'étais pressé, vous comprenez, et j'ai passé outre. Tout de même, au moment où le tram arrivait (en direction de la Gare centrale), je me suis retourné pour voir le mendiant; J'avais la berlue. De mendiant, plus de traces. A la place un homme très grand, très beau, mais qui ressemblait au mendiant, ça j'en suis sûr et je le confirmerai si vous exigez une déposition écrite officielle. Il portait une sorte de poncho blanc, non, plutôt comme une tunique blanche, et sur la tunique (je ne trouve pas d'autre mot pour désigner ce curieux vêtement) il y avait à hauteur du cœur une très grande tache rouge, ovale. De ses mains semblaient sortir comme des rayons lumineux. Je n'ai pas bien vu ses mains. Mais elles étaient quand même bizarre, en tout cas du côté des poignets. On aurait dit que l'homme flottait légèrement, gracieusement au-dessus du sol. Le tram était là. Je suis monté. Mais je me suis retourné de nouveau. Je n'ai pas l'habitude de voir tous les jours des choses pareilles. Mais je fus dépité. Le mendiant avait disparu tout comme l'homme à la tunique blanche. Quelque chose me dit que celui-ci pourrait bien être l'homme que vous recherchez.
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Restant à votre disposition pour tous renseignements complémentaires qu'il vous plairait de me demander, je vous prie d'agréer, monsieur le commissaire, l'expression de mes sentiments dévoués.

Philippe P.
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PS : il était important que je délivre ce billet, avant celui que j'appelle "La samba des enragés".



1 commentaire:

tippel a dit…

Pour faire suite à l’appel à témoins, je voudrais apporter mon témoignage afin d’accréditer la démarche de ceux qui ont vu Jésus
Après un achat de concombres je rentrais chez moi rue schwilgué à Strasbourg alors que j’attendais le tram quai Mullenhein un homme vêtu d’une large robe blanche qui lui tombait jusqu’aux chevilles, s’approcha de moi, comme il était assez proche je pu discrètement l’observer, il avait une barbe longue plutôt taillée en pointe, sa tête était couverte d’un grand torchon qui lui descendait sur les épaules, cette coiffe était fermement tenue par une courroie de ventilateur , il avait aux pieds des espèces de pantoufles en cuir jaune, elles laissaient voir ses talons. Hâtivement je pensais, est ce Jésus qui est là ? Mon esprit était brouillé, je n’osais plus trop fixer cet homme. Lorsque le tram arriva, je fis mine de m’écarter pour le voir monter, une surprise m’attendais, un passager devant lui monta, poinçonna son ticket, l’homme en blanc monta à son tour, le conducteur qui vérifiait aussi les tickets ne le vit probablement pas, puisque l’homme en blanc passa telle une ombre sans s’arrêter devant l’appareil. J’en déduis que l’homme était peut être Jésus, et qu’il était invisible à certains de nos mécréants. Un homme s’approcha de lui, il tenait un sac TATI rempli de pain, il dit parmi d’autres phrases que j’entendais mal vu le bruit du tram « Jésus ta mère et ta sœur ». Jésus fit ah ! Voilà la preuve monsieur le commissaire j’ai aussi vu JESUS.