mercredi 2 novembre 2011

Le retour du Catoblépas

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En demandant au peuple grec de donner son avis sur l'accord arraché à l'Europe et destiné à sauver la Grèce d'un désastre économique, social et financier, Georges PAPANDREOU déclenche des réactions unanimement réprobatrices, y compris au sein de son propre parti le PASOK.
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Il y a, selon moi, au moins trois manières de juger cette initiative.

(a) Le première est politique. Il est clair que cette décision surprise est déloyale au regard des concessions et des sacrifices demandées aux peuples européens, au travers de leurs banques. Car abandonner 50 % de ses créances sur la Grèce, ce n'est pas rien pour une banque. Songez-y, chers lecteurs, l'argent des banques, c'est d'abord le nôtre, celui des déposants. Et compte tenu de l'altruisme assez spécial de ces institutions, nous pouvions conjecturer que la facture aurait été ou sera payée par les déposants, car les banques, toujours en vertu de cet altruisme qui leur fait chérir les riches et abominer ceux qui n'alimentent leur compte courant que de leur salaire mensuel, ne vont pas manquer ou n'auraient pas manqué (le conditionnel est utilisé ici puisque nous ne savons pas ce que le peuple grec votera) de répercuter sur leur clients les douloureuses concessions faites au système. Monsieur PAPANDREOU avait, semble-t-il, donné son accord à cet accord. Il s'est dédit. Il peut paraître parjure, et en tout cas, le système étant ce qu'il est, il met l'Europe dans une situation impossible.
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(b) La seconde lecture est philosophique. En absence d'un système fédéral européen, de la persistance des États-Nations en Europe, et de la sacro-sainte référence à la démocratie, je ne vois aucune espèce de difficulté à demander à un peuple sur lequel pourrait s'abattre des contraintes lourdes, s'il est d'accord ou non pour souffrir (afin d'être beau ?). Le référendum est éminemment  démocratique. Conformément au théorème de CONDORCET (dont j'ai parlé plusieurs fois ici-même), il permet de connaître l'opinion majoritaire du peuple, en lui offrant deux choix, et deux seulement : oui ou non. C'est sûr que si l'on pouvait se passer de l'opinion  du peuple, semblent dire certains empêcheurs de tourner en rond, ce serait bien. Mais dans un pays qui a inventé la démocratie, il est d'assez bon ton de lancer cette initiative référendaire, dont nul ne peut connaître l'issue ni les conséquences. On ne peut pas vouloir la démocratie quand ça arrange, et ne pas la vouloir quand ça dérange.
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(c) La troisième est financière. A l'annonce du référendum grec, les valeurs bancaires cotées en bourse se sont effondrées : la véritable raison des décisions politiques européennes est d'ordre financier. Pour faire passer la pilule, on demande aux banques de banquer (après tout c'est un peu leur métier), en fait et in fine, aux déposants particuliers de payer la facture, puisque leur argent c'est notre argent, de façon à pérenniser un système de fou. Faire de l'argent une marchandise est moralement, intellectuellement, économiquement une monstruosité. Il se pourrait bien que le référendum grec marque le glas des idoles, le déboulonnage de MAMMON. Les Grecs auraient alors à supporter les conséquences des inconséquences de leurs gouvernements successifs, une certaine Europe irait à l'agonie, et ceux des peuples européens qui en ont la volonté et les moyens pourraient enfin s'unir pour le bien des leurs. L'Europe actuelle est une pétaudière à 27. Nous n'avions pas besoins de 27 membres. L'Europe des 6 suffisaient, et il y avait encore bien du travail à conduire pour harmoniser les politiques, les finances, la fiscalité, le commerce, la culture. Je suis désolé de les mettre ici dans le même sac, mais Arnaud MONTEBOURG et sa lutte contre la mondialisation et Marine LE PEN et son combat contre l'Europe financière et sans âme, risquent bien de trouver des adeptes, car tout n'est pas faux dans ce qu'ils disent.
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Je voudrais simplement conclure et justifier le titre de ce billet. Les mesures européennes étaient faites pour les financiers. Le référendum grec se moque des financiers. Les financiers se vengent à la bourse. Le Catoblépas se mord la queue. Tout est à reprendre. 
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5 commentaires:

CORATINE a dit…

C'est un billet sans texte? Avec juste un titre?

J'étais justement en train d'écrire à un ami qui s'y connaît mieux que moi en politique internationale et économique pour lui demander si Georges Papandréou (Parti Socialiste) n'était pas devenu fou, tout d'un coup, pour tenter à tout prix de rester à la tête de de ce pays en ruine, que tout le monde tente de sauver envers et contre lui-même!!!!

Pour ne pas faire trop d'erreurs, j'étais venu consulter votre billet du jour, cher Monsieur Poindron, et je ne vois rien!! qu'un titre!!! Panne d'ordinateur!!! Bon, j'attends patiemment votre analyse!

CORATINE a dit…

Bon, trop impatiente, je suis allée chercher la définition du mot "Catoblépas" qui figure dans votre titre sur Wikipédia et je tente vainement de faire le rapprochement avec la Grèce et son incroyable Premier Ministre, et qu'une faible lueur d'entendement semble se faire jour dans mon esprit embrumé!!! Ne nous emballons pas! Tout va s'éclaircir!

« Le catoblépas est une bête fabuleuse qui ressemble à un buffle noir dont la tête est très lourde, ce qui fait qu'elle est toujours inclinée vers le sol car son cou est trop faible pour la porter. C'est heureux car n'importe quel humain qui croise son regard meurt aussitôt. »

« Le Catoblépas, buffle noir, avec une tête de porc tombant jusqu'à terre, et rattachée à ses épaules par un cou mince, long et flasque comme un boyau vidé. Il est vautré tout à plat ; et ses pieds disparaissent sous l'énorme crinière à poils durs qui lui couvre le visage. »

J'attends confirmation de votre part, cher Monsieur Poindron, pour ne pas commettre d'erreurs!!!

Philippe POINDRON a dit…

Absolument, chère Coratine, et on dit aussi qu'il se mord la queue !
Bien amicalement.

CORATINE a dit…

Bon, je suis allée trop vite! Voici l'explication! Je suis tombée juste entre la publication du titre et celle du billet! C'est-à-dire 5 minutes de battement et j'ai eu le temps d'écrire 2 commentaires au lieu d'attendre religieusement la suite!!!

Effectivement, tout s'éclaircit, cher Monsieur Poindron, je vais pouvoir écrire à mon correspondant en toute connaissance de cause!

Ce qui m'échappe toujours, c'est la relation entre le Catoblépas tel que défini dans Wikipédia et M. Georges Papandréou!!! A part le fait qu'il se "morde la queue"????

Je réagirai dorénavant moins impulsivement et je vais, de ce pas, me documenter de manière plus approfondie sur ce fameux animal mythique!!!

Tout ceci m'a tellement fait bondir d'indignation, depuis les infos de ce matin jusqu'à celle de 13 heures, que j'en ai oublié ma légendaire retenue!!!

tippel a dit…

Après l’erreur lourde de conséquence de la politique française en Afrique du nord, Tunisie, Libye, Egypte, soutenue par toute la gauche bobo caviar et les religions-vérités accréditées auprès de l’UMPS, crypto-cathos, réformés, et mahométanes sans oublier les idiots utiles qui sont légion en France, voilà l’euro, la ‘monnaie d’escrocs’ qui échappe aux voyous qui nous ont gouvernés depuis 1981. Les Grecs font la fine bouche, Papandréou le pétochard, chef du gouvernement socialiste de ce pays, après probablement de multiples réflexions, préférerait partager avec le peuple la décision de l’aide financière des Européens du nord. La Grèce vit ses derniers mois de prospérité dans la zone euro avant de donner le témoin à l’Espagne du socialiste Zapatero, puis au Portugal de l’autre socialiste Barrosso, avant que suivent l’Italie et bien évidemment la généreuse et cosmopolite république française. L’heure des comptes arrive et ce ne sont pas les hordes nazies, ni les idées ‘nauséabondes’ du Front National que le peuple doit craindre, mais les masses hétéroclites rebaptisées des nouveaux gauchistes.
Que l’on soit ou non d'accord avec Madame Le Pen, ce parti aborde la question de l'Europe avec une logique qui manque aux principaux partis politiques. Entre une gauche qui défend les sans-papiers et qui condamne un capitalisme effréné et une droite qui feint de protéger les entrepreneurs pendant qu'elle punit (son seul triomphe) les délinquants de la route. Elle est la seule dirigeante d'un parti politique majeur à réaliser que, dans une large mesure, l'immigration EST le mauvais capitalisme.