dimanche 15 janvier 2012

Ils ne manquent pas d'air !

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Monsieur HOLLANDE, avec un aveuglement qui laisse mal augurer de l'avenir, impute à la politique conduite par le Président SARKOZY et son équipe, la perte du triple A. Et le journal Libération fait sa une, en titrant en haut de page "S RKOZY," le A du patronyme ayant chuté en bas de page.
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Plusieurs choses à dire à propos de ces réactions désolantes.
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La première a trait aux agences de notation. Qui les a instituées ? Pourquoi ont-elles un tel pouvoir sur les politiques financières et économiques des États ? Qui les payent ? Car enfin, elles vivent et leurs personnels ne semblent pas pleurer la misère, même si leurs travaux peut y pousser nombre de leurs frères en humanité Il faut de toute urgence supprimer ces agences qui n'existent que par le bon vouloir et le pleutrerie des États, qui ne conçoivent les rapports humains qu'en termes de finances et d'économie, et qui sont très largement inspirées par les intérêts américains (ce que l'on ne peut leur reprocher, certes, mais que l'on doit prendre en compte pour évaluer leur degré d'impartialité). On peut se demander si les ricanements de ces messieurs n'est pas une approbation donnée à ce monde dont ils ne cessent de critiquer les défauts, mais dont ils portent le joug avec allégresse.
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Ensuite, il faut se demander pourquoi ces agences ont fait chuter d'un cran la crédibilité ou solvabilité de notre pays. Il se trouve que pour payer les retraites et les fonctionnaires, et financer la politique sociale, l'Etat est obligé d'emprunter, et d'emprunter à intérêt, aux banques. De la part d'un parti qui par sa démagogie a contribué à creuser la dette, il y a un certain cynisme à reprocher au gouvernement d'endosser le costume de leurs imbécilités. Qui a instauré les 35 heures ? Qui a instauré la retraite à 60 ans ? Qui a dénoncé avec virulences les (très timides) mesures prises pour "rassurer" les marchés ? Qui a refusé l'une des plus emblématiques qui consistait à inscrire dans la Constitution l'obligation de présenter un budget en équilibre ? Qui, par des mesures léonines, a fait croître le coût du travail dans des proportions telles qu'il est moins coûteux de produire en Chine ou en Inde des produits que nous fabriquions jadis sur notre sol, en aussi grandes quantités et de bien meilleure qualité ? Qui a ouvert les portes de la France à une mondialisation aujourd'hui honnie ? Qui est à la tête du Département le plus endetté de France ? Qui a doublé en dix ans le nombre de fonctionnaires territoriaux, tandis que les pouvoirs publics s'efforçaient de diminuer ceux de la fonction publique ? Qui, en ne cessant de dénoncer les riches, sans prendre aucune mesure utile pour les empêcher de placer leur fortune ailleurs que dans leur patrie, a contribué à appauvrir celle-ci ? Qui trouve normal de maintenir en place et de promouvoir une élite d'énarques, souvent de sensibilité de gauche, des hommes souvent médiocres et/ou incompétents, qui sont cousus d'or et ne cessent de réclamer des traitements, des bonus, des jetons de présence dont le montant donne le vertige ? (Voir les livres sur le sujet) .
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En vérité, si l'on peut reprocher à la majorité une politique étroitement économiste et financière, et des erreurs symboliques irréparables, on ne peut la condamner d'avoir voulu prendre des mesures qui tendaient à diminuer le poids de l'Etat et la charge de la dette. On peut en revanche reprocher à monsieur JOSPIN de ne pas avoir utilisé les 4 % de croissance de sa magistrature pour apurer les comptes, et d'avoir préféré rémunérer sa clientèle au lieu de voir le bien de la Cité.
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Qu'ils soient de droooooîte ou gôôôôôche, pour avoir voulu le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière, les Français vont devoir payer leur égoïsme. Le temps des épreuves n'est pas fini. Les marchands de ceinture ont de beaux jours devant eux.

3 commentaires:

Pierre-Henri Thoreux a dit…

J'ai un peu de mal à comprendre, cher M. Poindron, ce qui vous pousse à fustiger de manière aussi intransigeante les agences de notation (jusqu'à réclamer leur interdiction !), vu que vous confirmez ensuite le bien fondé de leurs analyses à propos du gouvernement et du parti socialiste.
Ne trouvez vous pas sain d'avoir quand même quelque instance pour sanctionner l'incurie des gouvernants, qui sans cela n'auraient jamais de compte à rendre (il est si facile d'endormir les électeurs avec des promesses et la démagogie) ?
En réalité, s'il est une critique que l'on peut faire au sujet de Standard & Poors et ses consoeurs, c'est d'être trop indulgentes. Elles ne font, comme vous le faites vous même, que pointer du doigt les dérives gestionnaires des politiciens, mais trop tardivement, et avec beaucoup de mansuétude à mon sens. Chacun sait que la France méritait depuis longtemps une dégradation de sa note, et que la baisser d'un seul cran est largement sous estimé...

Philippe POINDRON a dit…

Cher Pierre-Henri,
Je suis d'accord avec la note dégradée, bien sûr. Je conteste simplement le pouvoir que ces agences peuvent avoir, ce qui n'est pas la même chose. Je ne crois pas du tout que ces agences soient neutres ou impartiales ; il arrive cependant que la vérité puisse sortir non point d'un puits d'eau pure, mais d'un marécage fangeux... Je crains que dans le cas qui nous intéresse, ce soit le cas.
Bien amicalement.

Philippe

Pierre-Henri Thoreux a dit…

Juste pour le plaisir de débattre avec vous : y a-t-il quelqu'un de vraiment indépendant dans ce monde sublunaire ?
A ceux qui se targuent d'indépendance, je préfère les gens qui annoncent clairement la couleur, et notamment pour qui ils plaident, c'est plus clair.
S'agissant des agences, leur pouvoir est virtuel. Elles sont juste supposées renseigner les investisseurs. Qui de toute manière avaient largement anticipé le verdict.
Enfin, si elles peuvent être accusées de favoriser quelqu'un en l'occurrence, c'est bien notre pays pour lequel elles ont manifesté plus que de l'indulgence. Quant aux USA, ils ont été dégradés depuis belle lurette...
Bien à vous