samedi 15 juin 2013

Nouvelles de la Résistance, premier billet du 15 juin 2013

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Je dois à un très ancien et plus que très cher ami, presque un frère, la communication d'une lettre ouverte à monsieur BACRI, compagnon de madame JAOUI, en réponse à des curieux propos que ce monsieur BACRI, membre influent du show-bizz a tenu sur les opposants au projet dit TAUBIRA. Cette lettre est très longue ; je la publierai donc en deux partie. Il faut savoir que ces propos sont rapportés par TGV magazine, le périodique que la SNCF distribue dans les TGV à sa clientèle. Il est intéressant de noter que le grand responsable de la SNCF est monsieur Guillaume PEPY, le même qui avait mis le TGV Lyon-Paris à 5 euros le voyage, le jour de la manifestation des partisans de ladite loi. Toute coïncidence n'est bien sûr que fortuite... Il s'agissait, paraît-il, de fêter je ne sais quel événement.
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Voici donc la première partie de cette lettre savoureuse :
 
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“Monsieur BACRI,
De passage en France, j’ai récemment pris le TGV et, à cette occasion, ai trouvé, sur mon fauteuil, la revue “TGV magazine” dont madame Agnès Jaoui et vous faites la couverture.
Feuilletant la revue, j’ai commencé à lire votre interview, curieux de ce que vous auriez à dire aux clients de la SNCF. Je dois avouer que j’avais un a priori plutôt favorable, me faisant l’idée que vous étiez quelqu’un qui avait du recul sur la société. Une sorte d’anti-people, pas trop adepte de la langue de bois, imperméable au politiquement correct et à la pensée unique germanopratine.

Et vos premiers mots me donnaient à penser que j’étais dans le vrai. Je vous cite : « On nous demande parfois notre avis sur le monde, la maladie, les impôts… Cela apporte un éclairage disproportionné à des opinions souvent médiocres. Je le ressens en lisant celle des autres, parce que je ne lis pas les miennes justement à cause de cela. Nous sommes des artistes, pas des philosophes. Résultat, des chanteurs ou des acteurs disent des conneries du genre « la guerre, c’est moche » et ça devient parole d’évangile. Il m’arrive parfois d’être surpris, mais pour une interview intéressante, que d’imbécilités ! ». Et madame Jaoui d’opiner : « Je suis complètement d’accord »…

Bel exemple d’humilité dans une profession où la taille de l’ego est souvent inversement proportionnelle au talent. Ça commençait bien.
Las ! Je n’imaginais pas que vous pousseriez l’art de la démonstration jusqu’à faire, dans la même interview, la preuve que vos craintes de dérapages étaient si bien fondées.

En effet, quelques lignes plus loin, répondant à une question qu’on ne lui pose pas, madame Jaoui affirme qu’elle est « hallucinée […] des réactions négatives au mariage pour tous ». On passera sur le barbarisme. Le bon français, dont on pouvait pourtant espérer que des acteurs professionnels seraient les zélés promoteurs, est manifestement la première victime de cet article.
 
La seconde est le bon sens. Car, contrairement à vos premières déclarations, vous n’avez même pas besoin qu’on vous demande votre avis sur un sujet pour en dire les pires stupidités. Vous renchérissez en essayant d’être drôle : « je les comprends de vouloir préserver à tout prix ce mariage hétérosexuel quand on voit les merveilles qu’il produit : l’inceste, le viol, la violence alcoolique, la soumission des femmes… ».
 
Rien de moins.
Ne croyez-vous pas avoir oublié la malaria, le trou dans la couche d’ozone, le nazisme et le stalinisme, la grippe aviaire, la crise financière et le chômage de masse, la maladie de Creutzfeldt-Jakob, le mildiou, les marées noires et l’algue verte, le réchauffement climatique, les lundis pluvieux, les hémorroïdes, l’extinction du dodo, la mort de Joe Dassin, les khmers rouges, la propagation du sida, les cailloux dans les chaussures et les échardes dans les doigts, les boutons de fièvre et les lèvres gercées, les grèves dans le métro et les embouteillages sur le périphérique, le ténia, la fin des vacances et le cancer du colon.
J’aime bien creuser un peu le sujet, quand je lis des analyses ciselées à la feuille de boucher comme la vôtre… Alors, allons-y, si vous le voulez bien.
Qu’est-ce qui, dans le « mariage hétérosexuel », peut bien générer autant de fléaux que ceux que vous citez ?

Serait-ce le mariage lui-même ? Cela expliquerait pourquoi madame Jaoui et vous êtes restés des amants. Enfin, des amis… Enfin, on ne sait pas trop en lisant l’article - et vous non plus apparemment. On pourrait, en effet, imaginer que, terrorisé à l’idée de devenir alcoolique dès le seuil de la Mairie franchi, effrayé par la perspective de devenir un violeur en signant le registre d’état-civil, angoissé par la perspective de devoir taper sur votre femme dès la nuit de noces, vous ayez préféré ne pas vous marier. L’explication serait convaincante, s’il n’était que l’on ne comprend pas, alors, pourquoi le mariage ne produirait plus les mêmes effets dès lors qu’il est « homosexuel ».
 
Il faut donc chercher ailleurs. Du côté de l’hétérosexualité, sans doute. C’est probablement elle, cette horrible hétérosexualité, qui rend alcoolique, violent, violeur, incestueux, qui opprime les femmes. Tout serait tellement plus doux et pacifique sur terre si tous les êtres humains étaient homosexuels. Et c’est scientifiquement irréfutable, puisque l’espèce humaine disparaîtrait aussitôt. Quelle paix, enfin ! Problème : si c’est bien l’hétérosexualité qui est la source de toute cette violence, se peut-il que vous-même asservissiez madame Jaoui ? Ou que celle-ci vous batte ? Se peut-il que, sous l’effet de l’alcool, vous ayez déjà abusé d’un de vos parents ? J’ai du mal à le croire. Décidemment, il n’est pas facile d’expliquer les tares du « mariage hétérosexuel ».

Je ne vois finalement qu’une réponse possible. Pourquoi le mariage hétérosexuel est-il si mauvais ? Parce que. Et c’est aussi pour cette même bonne raison que le mariage homosexuel c’est bien, et même mieux ! C’est la seule explication rationnelle.

Bien sûr, je pourrais essayer de vous expliquer que l’inceste « homosexuel » se pratique au moins dans les mêmes proportions au sein d’une population que celle-ci comprend d’homosexuels. Je pourrais vous demander d’aller expliquer votre théorie sur le viol aux parents des victimes de l’adjudant Chanal. Ou aux pensionnaires masculins de quelques établissements pénitentiaires. Ou vous inviter à lire cette étude statistique officielle canadienne qui démontre qu’il y a deux fois plus de violence « conjugale » dans les couples homosexuels que dans les couples hétérosexuels. Vous apprendre qu’après le sida, la drogue est la deuxième cause de décès chez les homosexuels. Qu’après la drogue, la violence « conjugale » est la troisième cause de décès chez les homosexuels. Ou tenter de vous faire comprendre que le viol a commencé à exister avec la sexualité – quelle que soit son orientation – et bien avant que le mariage soit imaginé par nos très lointains ancêtres.

Mais je ne crois pas que ceci vous intéresse, ni ne soit à la portée de votre compréhension. Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage… Pour promouvoir le mariage homosexuel, l’église de la bien-pensance bobo, dont vous vous faites le thuriféraire dans le train, a décidé qu’il fallait détruire le mariage tel qu’il existe depuis des milliers d’années, en utilisant, s’il le faut, les fards les plus grossiers. De toute façon, notre société relativiste perd peu à peu tout sens critique. Tout se vaut, rien n’est mieux, il n’y a pas de bien, chacun peut faire ce qu’il veut. Comme « a envie de dire » madame Jaoui dans cette interview, « ça ne [n]ous regarde pas ! ». Personne n’ayant plus son mot à dire sur rien – excepté nos acteurs-philosophes, qui ont un avis éclairé sur tout - plus la revendication est outrancière, plus l’affirmation est colossalement bête, plus elles ont désormais de chances de « passer » dans l’opinion. La raison n’ayant aucune prise sur un dogme, vous ne comprenez donc probablement pas ce que vous venez de lire."
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La deuxième partie de la lettre s'adresse à madame JAOUI. Suite au prochain billet.

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