dimanche 15 juin 2014

15 juin 2014. Nouvelles de la Résistance : réapprendre à penser, contre les sociétés de pensée

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Plus que jamais il nous faut du courage car ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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Les citations du jour.
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J'ai bien conscience que ces citations sont ardues, mais il me semble qu'en les mettant bout à bout, elles éclairent les raisons pour lesquelles notre patrie va si mal. Je ne ferai que quelques brefs commentaires. Le rapprochement de ces textes explique mieux que tout la folie de certains de ces socialistes (ne généralisons pas ; ce serait tomber dans les pièges de l'idéologie) qui hélas se sont faits les détenteurs du pouvoir contre des collègues plus pragmatiques qu'eux et plus respectueux de l'homme.

1. "La question cruciale est : d’où vient la raison ? L’idée cartésienne et kantienne posant que la raison existe indépendamment de l’expérience, qu’elle est un phénomène a priori auquel on peut accéder, n’est pas conforme à la façon dont nous raisonnons dans le monde réel. La raison est une façon d’organiser l’expérience, et elle s’appuie sur de nombreux outils mentaux. Mais l’essentiel, c’est que la raison n’est jamais dissociée de l’expérience concrète ; elle est plutôt un moyen de la comprendre et de la gérer."
In Jeremy RIFKIN. 
Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Vers une civilisation de l’empathie. 
LLL Les liens qui libèrent, sans mention de lieu, [en fait : Rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris ; diffusion Actes Sud], 2011.

Dites-moi un peu : ces gens se réfèrent-ils le moins du monde à l'expérience ? Ne le font-ils pas plutôt à un système d'idées toutes faites, ringardes puisque issues d'une pensée vieille de plus de deux siècles ?

2. "Cela dit, nous n’admettons pas la séparation kantienne entre la raison pure et la raison pratique. Le fait que nous ne puissions rien percevoir en dehors du temps et de l’espace, ni rien penser hors des structures de la pensée, ne prouve rien contre la réalité objective des choses perçues et pensées. Par exemple, nous ne voyons que par nos yeux : depuis quand cela doit-il signifier que ce que nous voyons n’existe que dans nos yeux ? Nous ne respirons que par nos poumons, nous ne digérons qu’avec notre estomac : cela prouvera-t-il quelque chose contre la réalité de l’air et de l’aliment ? L’isolement de l’intelligence depuis KANT (peut-être depuis DESCARTES…) qui contraint l’intelligence à l’autophagie – la pensée condamnée à penser la pensée au lieu de refléter l’être – est le plus grand schisme du monde moderne. L’être féconde la pensée, mais, si l’on coupe la pensée de l’être, elle ne remonte pas à partir d’elle-même jusqu’à l’être." 
In Gustave THIBON. 
Les hommes de l’éternel. Conférences au grand public (1940 – 1985) établies et présentées par Françoise CHAUVIN. 
Mame, Paris, 2012.

Rien à rajouter à ce que dit mon cher Gustave THIBON. Nos hommes politiques broient du vent, des mots, des idées. Ils n'ont strictement aucune prise sur le réel, qu'ils contraignent, tordent ou ignorent, en utilisant la violence d'état.

Et en écho à cela :

3. "Et le terme, je ne dis pas l’objet, de ce travail passif [des sociétés de pensée maçonniques], est une destruction. Il consiste en somme à éliminer, à réduire. La pensée qui s’y soumet perd le souci d’abord, puis peu à peu le sens, la notion du réel ; et c’est justement à cette perte qu’elle doit d’être libre. Elle ne gagne en liberté, en ordre, en clarté, que ce qu’elle perd de son contenu réel, de sa prise sur l’être. Elle n’est pas plus forte, elle porte moins : fait capital que cette orientation de la pensée vers le vide ; et les frères ont raison de parler de régénération, d’ère nouvelle. La raison ne cherchait alors la liberté que par delà un effort de conquête, une lutte avec le réel, tout un déploiement de sciences et de systèmes. Le travail social passe de l’attaque à la défense : pour affranchir la pensée, il l’isole du monde et de la vie, au lieu de les lui soumettre ; il élimine le réel dans l’esprit, au lieu de réduire l’inintelligible dans l’objet ; forme des « philosophes » au lieu de produire des philosophies. C’est un exercice de pensée dont le but apparent est la recherche de la vérité, mais dont l’intérêt réel est la formation de l’adepte."
In Augustin COCHIN.
Les sociétés de pensée et la démocratie moderne. Études d’histoire révolutionnaire.
Librairie Plon, Les Petits-fils de Plon et Nourrit, Imprimeurs-Éditeurs, Paris, 1921.

Les sociétés de pensée continue de ronronner dans leurs loges, planchent, réfléchissent hors du commun des mortels lequel est un profane qui ne sait rien, ne voit rien, ne peut rien en comparaison des initiés.

4. Contre ces évidence, le sinistre Vincent PEILLON élabore, perlabore, et oublie ces détails de l'histoire que sont les atrocités révolutionnaires. Il n'y a pas la moindre référence au réel dans ces réflexions totalitaires. Ce type est dangereux, l'un des plus dangereux des initiés. Voici un exemple de son délire.

"La révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, c’est un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français. 1789, l’année sans pareille, est celle de l’engendrement par un brusque saut de l’histoire d’un homme nouveau. La révolution est un événement méta-historique, c’est-à-dire un événement religieux. La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi. "
In Vincent PEILLON.
La Révolution française n’est pas terminée.
Seuil, Paris, 2008.

Je redis ici ce que j'ai déjà dit : on a condamné les propos de monsieur LE PEN sur les chambres à gaz nazies qualifiées par lui de détail de l'histoire. On voit bien pourquoi monsieur PEILLON fait de 1789 l'avènement d'un homme nouveau, un homme sans mémoire, sans passé, sans traditions, sans attache aucune. Car c'est un homme qui avec d'autres peut tuer en une seule journée plus de 500 personnes dont plus de 100 enfants (LUC-SUR-BOULOGNE) ou brûler vif plus de 100 femmes et enfants en les jetant dans les fours à pain chauffés à blanc, nouvelle manière selon l'ignoble AMIET, je cite "de faire cuire le pain de la République". Voilà l'homme nouveau que célèbre cet imbécile. Pour le célébrer, il faut ignorer le réel. Pour le magnifier, il faut devenir amnésique et parer la violence de toutes les vertus régénératrices, en ignorant le REEL, et en exaltant la chimère et l'UTOPIE. Voilà qui porte un nom : la schizophrénie.




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